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Philippe Baron, un réalisateur au collège Émile Zola

jeudi 29 janvier 2015, par Mme Baron.

Philippe Baron a rendu visite aux élèves de 3e du collège Emile Zola les 26 et 27 janvier 2015 afin de présenter les démarches suivies pour l’écriture, la réalisation et la production du documentaire le Métis de la République dont il est l’auteur et le réalisateur. Les élèves ont, avant sa venue, étudié ce documentaire en cours de français et d’histoire. Cette visite a aussi permis aux élèves de poser des questions à Philippe Baron et de découvrir des astuces pour le tournage d’un mini-documentaire sur l’engagement, qu’ils ont réalisé en cours de français.

Philippe Baron a tenu, avant de commencer sa séance, à faire un résumé de son documentaire, à savoir la vie de Raphaël Elizé, premier maire noir en France métropolitaine. Il a ensuite parlé d’où lui est venu l’envie de faire un documentaire sur cette personne en particulier. Il explique que c’est une personne rencontrée à Sablé sur Sarthe où a vécu principalement Raphaël Elizé qui lui a raconté son histoire surprenante. Il a trouvé alors ce récit incroyable et décidé de faire connaître ce maire enfoui dans le passé, en lui rendant hommage à travers un documentaire à l’aide d’archives, de documents, et de témoignages qui donnent une tournure plus intéressante, puisque la vie de cet homme est alors raconté par des personnes l’ayant connu personnellement.

Pour la réalisation d’un documentaire, il y a deux phases à suivre : l’écriture du film, et prendre contact avec un producteur qui financera ensuite le projet.

Ce réalisateur nous a confié que les recherches furent très longues, mais il réussit à contacter de multiples personnes détenant des photographies de Raphaël Elizé, de sa famille, ou encore de la ville où il habitait et l’apparence qu’elle avait dans les années 1900-1930 ainsi que les papiers de déportation en camp de concentration où a été emprisonné le maire pendant la seconde guerre mondiale en tant que prisonnier politique. Une fois ces clichées trouvés, il fit le tour des lieux importants dans la vie de cet homme et en dénicha des sources le concernant, lui et ses actes.

Il passa alors à l’étape qui donne toute la spécificité de son documentaire : les témoignages. Il a réussi à retrouver les neveux et nièces de Raphaël Elizé et à leurs poser des questions sur la vie de leur oncle, pour en savoir plus sur l’homme qu’il était. Pendant la séance, il nous a confié : « Ça nous met en lien avec la personne.A chaque rencontre, je me rapprochais de Raphaël Elizé. »

Le tournage se fit sur les lieux d’origine, principalement dans l’ancienne maison d’Elizé, qui n’était plus habitée. Dans ces lieux furent tournées de courtes scènes mettant en place un acteur représentant le maire, écrivant à son bureau, développant des photos ou encore écoutant de la musique, occupations qu’il appréciait beaucoup. Pour que les spectateurs n’ait pas de fausses images du personnage, l’acteur ne dévoile jamais son visage, il est flouté ou caché, ce qui nous laisse imaginer le personnage librement. N’ayant pas d’archives à propos du métier de vétérinaire du personnage évoqué, le réalisateur met en scène les témoignages récupérés à ce sujet. Pour le tournage, il a fallu que Philippe Baron trouve des accessoires tel que l’ancienne voiture de Raphaël Elizé qui avait été rachetée par un collectionneur.

Une fois les scènes tournées et les témoignages enregistrés, un travail de montage commence, et ne se termine que sept semaines plus tard. Vient alors l’enregistrement vocal pour ajouter une narration au documentaire, et la création d’une bande-son, pour mieux exprimer certaines émotions, que ce soit de tendresse et des tensions. Au final, un documentaire met entre deux et trois ans à se réaliser.
Océane Thébault, 3èB